Téléphone au volant, grand risque sur la route

La dernière campagne lancée en février 2025 par la Sécurité Routière ne le dément pas. L’utilisation du portable/smartphone au volant reste un danger, voire un fléau, comme le souligne le dernier baromètre 2024 d’AXA Prévention. En effet, « quand vous regardez votre téléphone, qui regarde la route ? ».
Les Français : hyperconnectés dans la vie, hyperconnectés au volant
En 20 ans, la progression fulgurante du taux d’équipement en smartphone, les progrès des réseaux et la multiplication des applications GPS ou autres ont bouleversé les usages du smartphone. En 2004, 22% de conducteurs avouaient téléphoner au volant… Aujourd’hui, plus de 80 % des automobilistes et 67 % des motards déclarent l’utiliser en conduisant ! Les cyclistes sont 65 % à le regarder en circulant, et les trottinettistes, 76 % en roulant. (Baromètre AXA 2024).
L’inattention : à l’origine de 24 % des accidents de la route avec blessés
Dans sa dernière campagne, la Sécurité Routière met en scène les effets des interférences et des distractions qu’apporte l’usage d’un smartphone au volant : prendre un appel, participer à une discussion, une visioconférence, regarder des vidéos, consulter des mails, le tout au volant de sa voiture, sa camionnette, son scooter, à vélo ou sur une trottinette.
Les images chocs du spot nous interpellent sur notre dépendance au smartphone et démontrent la forte altération de notre concentration. « En 2023, un défaut d’attention (inattention ou usage de téléphone ou de distracteurs technologiques) a été relevé chez un conducteur dans 24 % des accidents corporels, coûtant la vie à 390 personnes en France (Bilan de l’accidentalité 2023 de l’ONISR) », souligne l'organisme chargé de la politique routière dans la présentation de cette campagne en ligne en février 2025.
Quels usages dangereux du smartphone se banalisent au volant ?
Pour 66% des automobilistes, l’utilisation du mode GPS, ainsi que son paramétrage arrivent en tête des usages. Ensuite les utilisations sont les suivantes :
- téléphoner via une connexion bluetooth,
- consulter ou envoyer un sms,
- poursuivre une discussion téléphonique avec des écouteurs,
- consulter des notifications, des mails et des réseaux sociaux.
Autant de sources importantes de distraction qui peuvent créer les conditions d’accidents souvent très graves.
De surcroît, l’information apportée par le 20e Baromètre AXA Prévention concerne l’émergence de la banalisation de l’usage du portable au volant. Pour preuve, ces comportements suscitent des réactions beaucoup moins vives de la part des proches que la conduite sous l’effet de la drogue ou de l’alcool. Sur 91% des personnes interrogées dénonçant l’alcool au volant, seules 15% considèrent l’utilisation du téléphone portable comme « intolérable ».
Il y a donc encore beaucoup de pédagogie à entreprendre, à l’image de cette dernière campagne de la Sécurité routière. Ne serait-ce que pour ne pas oublier qu'au volant, la vue c'est la vie.